Toute petite Circé ignorait tout de l’existence d’Ulysse et voulait devenir superman. Mais le poste était bourré de vices cachés : les collants bleus ne lui allaient pas au teint et il lui fallait toujours être prête à secourir la veuve et l’orphelin, même en plein milieu d’un bon bain chaud.
Elle renonça donc la mort dans l’âme et se mit à envisager d’autres carrières prestigieuses : sirène (elle n’était pas top à l’aise avec un soutif en coquillages), basketteur (il lui manquait 40 cm pour que ça vaille le coup), faussaire (mais elle n’arrive toujours pas à colorier sans déborder), et testeuse de croquettes pour chat (en fait c’est dégueulasse).
Et puis elle trouva l’idée du siècle : écrivain, un plan en or. Comme ça elle peut glander sur le canapé en prenant des airs inspirés et aller se balader en prétendant faire des recherches. Et puis si quelqu’un doit se taper un soutif qui gratte, c’est un personnage et pas elle-même, et du coup elle peut même lui rajouter un bigorneau dans l’oreille si ça lui chante.
Circé est une écrivain égoïste et cruelle.



