C’est pas le Pérou!
Très chers amis bonjour,
J’ai ouï dire que certains attendaient le compte-rendu habituel de nos pérégrinations au Pérou et en Bolivie.
Mais je dis : halte-là !
Tout d’abord, ca ferait doublon avec notre incontournable blog (http://voyageperou2008.blogspot.com/).
On a donné le maximum, on s’est battu contre des claviers péruviens qui ont des petites vagues sur les n et des petits papiers collés sur les touches pour savoir qui est qui (avec une marge d’erreur de 10%) alors vous allez me faire le plaisir de connaitre nos aventures dans les moindres détails. Non mais.
Et de surcroit, c’est dépassé tout ca ! Un compte-rendu de séjour ? Et pourquoi pas des cartes postales pendant qu’on y est ?
N’importe quoi…
Je vous propose donc d’aborder un sujet beaucoup plus intéressant : Comment rater ses photos de vacances.
Le sujet est vaste, l’enjeu de taille, mais il faut parfois prendre le temps de s’arrêter sur ces grands débats qui font tout le sel de la vie.
Je suis sûre que vous avez tous essayé, vous aussi, de saccager vos souvenirs. Couper les pieds de tata Yvonne, bien cadrer la poubelle avec la Tour de Pise et tenter le contre-jour a Palavas-les-Flots sont des tentatives méritoires, certes, mais qui relèvent je le crains d’un amateurisme certain.
Me sacrifiant pour le bien de tous, j’ai donc courageusement décidé de tenter une exploration systématique des différentes possibilités de foirage en masse.
Technique no 1 : Ne pas mettre de pellicule dans l’appareil
Ca parait tout bête, mais il fallait y penser. Perso j’ai tenté le coup dés le début, c’est diablement efficace.
Catégorie : Argentique
Niveau de difficulté : 1
Efficacité : 10
Déroulement : Vous partez au Pérou, vous prenez des photos, Lima, Arequipa, tout ca, vous êtes contents, certaines ne devraient pas être mal.
Rebondissement : Au bout de 3 jours, vous vous dites, « Tiens c’est bizarre, j’ai toujours pas fini ma pellicule… ». Là vous penchez la tête vers votre appareil pour savoir ou vous en êtes et paf, pas de pellicule ! Rien, que dalle, que tchi !
Avantages : L’appareil fait comme si. Vous entendez le clic quand vous prenez une photo, vous contrôlez l’ouverture, la vitesse, tout comme d’habitude. Mais au final vous n’avez vraiment rien, aucune trace des photos que vous avez prises, pour la bonne et simple raison qu’elles n’existent pas. Vous pouvez de surcroit tenter la crise de nerf tellement vous vous en voulez.
Inconvénient : La technique ne peut se poursuivre plus de quelques jours sans être découverte. A moins d’être vraiment crétin. Déjà 3 jours, ca témoigne d’une belle capacité.
Variante : Oublier la batterie du numérique dans la chambre d’hôtel.
Avantages : Vous ne pouvez pas prendre de photos une fois sur le site. Vous pouvez trépigner sur place, voire demander à vos compagnons ébahis de retourner à l’hôtel. « Comment ça, c’est à 4 heures de voiture ? Et alors ? »
Inconvénient : Vous vous rendez compte de l’absence de pile avant de prendre les photos donc c’est quand même moins rageant que la technique originale.
Technique no 2 : Ajouter un nouveau filtre
Testée tout au long du séjour.
Catégorie : Argentique
Niveau de difficulté : 5
Efficacité : 5
Déroulement : Vous ajoutez un filtre sur votre appareil pour vous adapter à l’extrême luminosité en altitude.
Rebondissement : Du coup votre pare-soleil dépasse sur vos photos dés que vous avez des envies de grand angle.
Avantage : De nombreuses photos ont l’air d’avoir été prises à travers une longue vue.
Inconvénient : On peut tenter de prétendre que c’est artistique. « Mais si, c’est fait exprès, t’y connais rien. »
Technique no 3 : Ne pas prendre de pellicule de rechange
Catégorie : Argentique
Niveau de difficulté : 1
Efficacité : 5
Déroulement : Vous partez pour un super site, à tout hasard une lagune de rêve à 5000m d’altitude, peuplée de flamants roses joueurs sur un ciel bleu céruléen. Enthousiasmé, vous vous lâchez en prenant des photos pas top, juste parce que ca vous fait plaisir, il sera bien temps de trier plus tard.
Rebondissement : Vous finissez votre pellicule et vous vous dites : « Allons, passons aux choses sérieuses, on va essayer de faire des photos dignes de ce nom, voire de cadrer. » Et la bam, pas de pellicule de rechange.
Avantage : La frustration. Surtout quand vos compagnons de voyage continuent à mitrailler sur leurs numériques. Photos de flamants de Cilou : 20. Mickael : 209.
Inconvénient : Vous avez quand même 20 photos, donc une trace.
Technique no4 : Foirer le développement
Catégorie : Argentique
Niveau de difficulté : 4
Efficacité : 5
Déroulement : Vous confiez vos pellicules, vos bébés, à un studio peu scrupuleux.
Rebondissement : Presque toute la première pellicule est rayée.
Avantage : Rien à faire, les négatifs sont foutus et avec tous vos jolis dégradés, c’est irréparable sur Photoshop.
Inconvénient : Faut s’y connaitre en studios pour trouver le plus mauvais.
Variante : Le studio nul ; vos photos ont l’air d’avoir été prises dans les années 70.
Testé sur une pellicule seulement : cf technique suivante.
Avantage : Vous pouvez prendre un air hautain lors du 30ème congrès des explorateurs de l’extrême : « Bien sûr, j’ai découvert le Salar d’Uyuni bien avant qu’il n’apparaisse dans Géo. Oui, j’avais 10 ans, j’ai toujours été très en avance pour mon âge. »
Inconvénient : C’est moche.
Technique no5 : Oublier de faire développer une pellicule
Catégorie : Argentique
Niveau de difficulté : 4
Efficacité : 2
Déroulement : On vient de vous rendre vos photos, vous les découvrez pour la première fois, le cœur battant.
Rebondissement : Il en manque c’est sûr. Vous vous souvenez pertinemment d’avoir pris Jerôme debout sur la tête et déguisé en inca, or cette photo n’est pas là.
Avantage : « Antoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiine, ils ont perdu mes photos ! C’était les meilleures !! Ouinnnnnnnnnnnnnnnnnnn…. »
Inconvénient : En fait c’est de votre faute, vous aviez tout bêtement oublié de donner une pellicule au labo.
Voilà, maintenant vous maitrisez la base. N’hésitez pas à vous montrer créatifs vous aussi !
A bientôt,
Circé



